Pourquoi une basilique.

Pourquoi une basilique.

Basilique de Guingamp : genèse de sa construction

L’église Notre-Dame fut d’abord la chapelle du château, comme c’est le cas pour beaucoup d’églises paroissiales d’origine féodale. Elle était la chapelle des comtes et seigneurs de Guingamp.

Au XIè siècle elle devint le siège d’une nouvelle paroisse démembrée de Ploumagoar.

Elle fut reconstruite probablement au début du XIIe siècle, et de cette église romane, dont la nef avait déjà la largeur de la nef actuelle, il reste les quatre piles supportant le carré du transept, qui ont été englobées dans les constructions postérieures et nous sont ainsi parvenues.

Dans les dernières années du XIIIe siècle et le début du XIVe, on procéda à la reconstruction de l’édifice, et, entre les années 1462-1484 on l’agrandit, notamment en prolongeant le chœur de deux travées.

Le 29 novembre 1535 la tour méridionale (dite aussi tour plate)de la façade occidentale s’écroula, entraînant dans sa chute les premières travées de la nef et du bas-côté sud. On se remit aussitôt à relever les parties détruites, reconstruction qui fut terminée vers l’année 1580 ; de ce fait, l’église Notre-Dame de Guingamp compte parmi les principaux monuments de la première Renaissance bretonne (Bulat Pestivien en 1536, Bourbriac et Carhaix Plouguer).

Au XIXe siècle, on reconstruisit presque totalement, en 1854, la chapelle de Notre-Dame de Bon-Secours, qui avait été aménagée en 1672 dans le porche ouvrant dans le bas-côté nord ; et en 1866 la nef fut couverte d’une voûte de pierre sur croisée d’ogives.

Enfin le 7 août 1944 la flèche de pierre surmontant la croisée du transept, dont le sommet était à 57 mètres au-dessus du sol et qui datait du XIIIe siècle, a été gravement amputée de son sommet, sur près de 20 mètres de haut, par l’artillerie américaine. Le sommet de la flèche a été refait en 1956 et payé par les dommages de guerre.

Au XIIIè et XIVè siècle, ce monument vaste et beau que l’on connait, devint église. Vers la fin du XVè siècle, elle eut droit de préséance sur les autres paroisses des faubourgs : la Trinité, Saint Sauveur, Saint Michel.

Mais, après le passage de la Révolution française, avec le pillage et la destruction de nombreux autres édifices religieux, la signature du Concordat du 16 juillet 1801 entre Bonaparte et Pie VII, laisse Notre-Dame de Bon-Secours reste la seule paroisse en activité. Il faut attendra 1857 pour assister au couronnement de la Vierge sous le pontificat de Pie IX et le 24 octobre 1899 pour qu’une bulle papale de Léon XIII érige ce sanctuaire en basilique mineure.

Qu’est- qu’une basilique ?

Le terme basilique vient du mot grec basileus qui désignait les rois dans l’antiquité hellénistique. À proprement parler, la basilique est un édi­fice civil destiné aux audiences et à la justice rendue par un roi ou par un magistrat. Par extension, on a appelé basilique les grandes églises impériales construites à l’époque paléochrétienne en l’honneur de la Vierge ou sur la tombe présumée de certains martyrs. On distingue deux sortes de basilique, les majeures et les mineures. Les basiliques majeure ne se trouvent qu’en Italie :

  • Saint-Jean-du-Latran, c’est la cathédrale de l’évêque de Rome, qui est le pape
  • Saint-Pierre de Rome, construite sur l’emplacement traditionnel de la tombe de l’apôtre Pierre.
  • Saint-Paul-Hors-les-Murs, sur l’emplacement de la sépulture de St Paul
  • Sainte-Marie-Majeure

Pourquoi ?

La France possède 170 basiliques mineures. Depuis le XIXe siècle, le terme basilique est un titre honorifique accordé à certains sanctuaires de première importance et c’est dans ce cadre-là que l’église de Guingamp a été retenue comme basilique.

Ce titre hono­rifique est pris par une décision papale pour dif­férentes raisons : « leur ancienneté, les souvenirs qu’elles évoquent, la dévotion des fidèles, les pèlerina­ges qu’elles organisent (autour du culte marial ou du Sacré Cœur le plus souvent) ». C’est au titre « du culte marial » que l’église Notre Dame de Guingamp est devenue basilique, « sur la demande pressante de Monseigneur Fallières », alors évêque de Saint Brieuc et fervent pè­lerin de Notre Dame de Bon-Se­cours. Le 24 octobre 1899, un décret du pape Léon XIII élevait l’église paroissiale Notre Dame de Guingamp à la dignité de basilique mineure.

Cet événement fut « solennisé » lors du Pardon de juillet 1900, « en pré­sence de huit prélats, six cent prê­tres et un nombre considérable de pèlerins ».

Ce titre ne se contente pas d’être honorifique, il est aussi source de privilèges. Ainsi, les basiliques ont « un droit de prééminence sur les églises du diocèse, ce qui les place immédiatement après la cathé­drale ».

Toutes les basiliques ont comme insignes spécifiques :

parasol1

  • Le pavillon ou gonfalon, également appelé ombrellino. Il est une sorte de parasol à demi ouvert, disposé en forme de tente, dont l’armature de bois est recouverte de bandes de soie, alternativement rouge et jaune, bordées à la base d’un lambrequin aux couleurs contrastées. Le rouge et le jaune sont les couleurs du gouvernement pontifical, héritées de la Rome antique où elles étaient celles du sénat. Le pavillon pontifical signifie la sujétion au chef de l’Église catholique et personnifie la basilique comme le drapeau personnifie la nation. Primitivement, il était la tente qui abritait le patriarche et la royauté dès l’Ancien Testament.Il a été restauré pour la commémoration en l’an 2000.

 revers

          • le tintinnabule ou tintinabulum, ou sonnette La clochette du tintinnabule est suspendue dans un encadrement appelé « beffroi » sculpté et armorié aux armes de la basilique. Le tintinnabule est conservé dans les basiliques, généralement près de l’ombrellino, et est porté lors des processions.

Ces insignes sont placés dans le chœur ou portés devant leur clergé lors des processions.

Le pavillon est également le timbre héraldique de ces églises.

Enfin, recouvrant tout le mur de la chapelle de Notre Dame de Bon Secours, une peinture nous rappelle les grandes solennités de l’érection de l’église de Guingamp en basilique.

On peut lire :

HAEC AEDES HONORI

Ce temple dédié à la gloire

DEIPACE VIRGINIS A BONO AUXILI0 DICATA

De la Vierge Mère de Dieu, honorée sous le titre de Notre Dame de Bon Secours.

CURA ET INSTANTIA PETRI MARIAE FALLIERES PONTIFICIS BRIOCENSIS ET TRECORENSIS

Par les soins et sur les instances dePierre Marie Fallières, Évêque de Saint Brieuc et Tréguier,

ANNVENTE LEONE XIII P M AD DIGNITAREM BASILICOE MINORIS

A été élevé par Léon XIII, Souverain Pontife. À la dignité de Basilique Mineure,

ANNO MDCCXCIX DIE IX KAL NON ERECTA EST

Mil huit cent quatre-vingt-dix-neuf.

ANNO ANTEM SEQVENTE PRIDIE KAL JVLII CVRANTE IVONE MARIA LE GOFF

L’année suivante, la veille des calendes de juillet, Par les soins d’Yves Marie Le Goff,

HUJUS CURIAE RECTORE

Pasteur de cette paroisse,

SOLEMNIA GRATIARUM DEO OM SPLENDIDO CVLTU RITVQUE PERACTA

De solennelles actions de grâces ont été rendues À Dieu Tour Puissant. Dans toute la splendeur du culte et des rites.

SUNT ADSTANTIBUS DIOCESIS ANTISTITE ET FINITIMARUM REGIONUM

Étaient présents l’Évêque du diocèse Et les Prélats des régions voisines.

PROESULIBUS MAGNOQVE SACERDOTUM ET FIDELIUM CONCURSU AC

Un grand nombre de prêtres et de fidèles

OMNIBVS PIETATE SUA ERGA COELI REGINAM SACRAL CELEBRITATIS

Relevaient encore, par leur dévotion envers la Reine du Ciel

SPLENDOREM AVGENTIBUS RECTOR CVRIAE AD MEMORIAM REI AUSPICATISSIMAE

Le pasteur de la paroisse a fait placer ce marbre dont les

EX COLLATITIA PIORUM PECVNIA HAC TITULUM PONENDUM CVRAVIT.

Fidèles ont payé tous les frais.

Dans la partie haute on voit la Vierge Marie couronnée portant sur son bras gauche l’enfant Jésus ; ils sont tous les deux couronnés. Les pieds de la Vierge reposent sur un nuage symbolisant le ciel dans lequel elle est accueillie par deux anges qui développent des frises de fleurs.

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À gauche, les armes de Léon XIII (Vincenzo Gioacchino Pecci), pape de 1878 à 1903 (D’azur au cyprès de sinople planté sur une plaine de même accompagné au francs quartier d’une comète d’or et en pointe de deux fleurs de lys d’argent, à la fasce d’argent brochant sur le tout[ )

armes-de-mgr-fallieresÀ droite les armes de l’évêque de St Brieuc Tréguier Monseigneur Pierre Marie Fallières (Né à Mézin (Lot-et-Garonne), le 9 avril 1834. Ordonné prêtre à Amiens le 7 septembre 1856 Nommé évêque de Saint-Brieuc et Tréguier le 28 août 1889. Préconisé à Rome le 30 décembre 1889. Sacré à Pons (Charente-Inférieure) le 23 février 1890. Est décédé à Saint-Brieuc le 11 mai 1906.

Ses Armes : D’azur au calice d’or.

Sa devise : Zelo zelatus sum et Sacerdos in aeternum. J’ai l’amour du zèle et je suis prêtre pour l’éternité.

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Les armoiries de la basilique, l’écu est divisé en 4 quartiers (dit écartelé)

En haut à dextre : les Armes de Bretagne, (D’hermine plain).
En haut à senestre, l’écu est également écartelé.En haut à dextre : un franc-quartier d’hermine;En bas à dextre : les armes de Françoise d’Amboise, (Palé d’or et de gueules de six pièces) ;
En bas à senestre : un franc quartier d’hermine ;
En haut à senestre, les armes de Françoise d’Amboise, (Palé d’or et de gueules de six pièces) ; duchesse consort de 1450 à 1457 ;
En bas à senestr : les armes de la seigneurie de Chatillon ; Charles de Blois était le fils de Guy Ier de Châtillon, comte de Blois, et de Marguerite de Valois: De gueules, à trois pals de vair, au chef d’or ;
En bas, à dextre : les armes de la communauté de ville, sont celles de la Frérie Blanche (Fascé d’argent et d’azur de quatre pièces)

 

Ces armoiries sont entourées du triple cordon symbolique de la férie blanche dont la devise en latin sur le phylactère au-dessus est : « funiculus Triplex difficile Rumpitur » un triple lien est difficile à rompre.

En dessous des armes de la basilique, un autre phylactère porte la devise latine suivante : « Aurilium Christinnorum ora pro nobis » (adorateur du Christ priez pour nous ?).

basilique

ROLLAND Jean Paul (octobre 2016)