Notre Dame de Montligeon

Notre Dame de Montligeon

Par Jean Paul Rolland, juillet 2018

Quelle signification de cette statue dans la basilique de Guingamp qui passe souvent inaperçue ?

Statue du XXème siècle que l’on désigne également sous le titre de statue saint-sulpicienne[1], c’est-à-dire statue polychrome en plâtre.

La Vierge Marie présente Jésus enfant, symbolisant ainsi la vie éternelle. À ses pieds, deux personnages féminins se ressemblent. L’une, suppliante, assise dans les flammes purificatrice du Purgatoire, échange un regard plein de confiance avec la Vierge-Marie qui lui tend la main en signe d’intercession. L’autre, les mains sur la poitrine, expression d’action de grâce, repose sur la nuée et reçoit des mains de l’Enfant-Jésus la couronne des élus. Ces deux femmes ne sont en fait qu’une âme dans différentes étapes de sa vie posthume.

Cette dévotion a été initiée par l’abbé Paul Buguet, curé de La-Chapelle-Montligeon (petite commune de la région du Perche, dans le sud-est du département de l’Orne) de 1878 à son décès en 1918. Préoccupé par la nécessité de prier pour les âmes des défunts ainsi que par celle de revitaliser l’économie de son village, il fonda en 1884 l’ « Œuvre expiatoire pour la délivrance des âmes du purgatoire » et fut encouragé dans son action par le pape Léon XIII.

À Montligeon, la prière pour les défunts est vécue comme un geste de communion fraternelle avec ceux qui nous ont précédés.

Ici, à Guingamp, elle est située à côté de la chapelle des défunts. Elle a surement été acquise et mise à cette place, suite à la première guerre mondiale, afin de rappeler à ceux qui venaient invoquer leurs morts à la guerre une place au ciel pour une vie éternelle.

Jean Paul Rolland, juillet 2018

 

[1] Expression inventée en 1897 par Léon Bloy pour qualifier les « bondieuseries » telles que les statuettes de saints ou les tableaux figuratifs des vitraux, au style quelque peu naïf et sans grand génie. L’expression s’explique par le fait que les alentours de l’église Saint-Sulpice de Paris, dans le nord du quartier de l’Odéon, regroupaient traditionnellement de nombreux magasins de livres, d’images et d’objets religieux.

Retour à l’accueil