Le château de Pierre II

Le château de Pierre II

plan d'ensemble

Plan du château

Chateau de Guingamp r

Le château en cours de fouilles

1 La Tour Nord-est

L’asile de la tour nord-est

Les religieuses de la Sagesse gouvernaient donc l’école du château, seule école primaire pour les filles. Vers les années 1860, germa l’idée de la compléter par un « asile », sorte de « garderie » pour les enfants plus jeunes, évoluant peu à peu vers ce qu’ont été plus tard les écoles maternelles. Il sembla logique d’installer cet asile à proximité du logement des sœurs, soit au nord-est de ce qui restait de l’ancienne      « esplanade ». En procédant aux travaux préliminaires, on s’aperçut de l’existence d’une salle éclairée par deux fenêtres et d’un escalier menant à une porte située en bas de la tour. On décida de conserver le tout, ce qui faisait réaliser des économies de fondations. Par voie de conséquence, la salle d’asile serait circulaire.

Afin de conserver le « caractère » du bâtiment, les murs seraient construits en granit et couronnés d’un motif rappelant les anciens mâchicoulis. Eclairée par six grandes fenêtres, elle était en partie aménagée en gradins. Elle se prolongeait vers l’ouest par un petit bâtiment rectangulaire assis, lui aussi, sur les fondations du château et qui servait d’entrée. Une cour de récréation et un préau couvert étaient prévus pour les enfants.

A la même époque, un bâtiment fut ajouté à l’école des filles. Par la suite, les constructions s’ajoutèrent les unes aux autres, surtout du côté de l’école maternelle, et le château fut ainsi presque complètement « gommé ».

Quand l’école sera laïcisée, à l’époque de Jules Ferry, les instituteurs seront logés dans l’ancienne maison des sœurs et la partie basse de la salle d’asile deviendra une cave. Il en reste  des  traces, en l’espèce des dizaines de bouteilles (vides…), de vieux bancs d’école, d’anciennes images pédagogiques…

Pendant une assez longue période, l’ancienne salle d’asile servi de salle des fêtes pour l’école du château puis, la toiture en mauvais état, ce fut l’abandon… Les enfants l’appelaient « la Tour des souris ».

asile

(Archives Départementales)

2 La tour sud-est

La  «tour du mas» ou «tour devers Mini-briac» est la tour principale de la forteresse. Le fait qu’elle soit baptisée, son rôle stratégique primordial en tant que tour d’angle du château et de l’ensemble du système défensif de la ville, tout ceci la distingue des autres. Elle comprenait aussi 4 étages. A son sommet, une terrasse coiffée d’une couverture d’ardoises ; au-dessous, deux chambres (2 étages), pourvues chacune d’une cheminée. Leur doublure est en pierres et le sol recouvert de tuiles. De la dernière chambre, qui sert de chambre de corps de garde, on descend par une «fosse-trappe» dans la basse-fosse (peut-être la prison du château ?).

Le sommet de la tour doit servir de plate-forme d’artillerie ; dans son épaisse muraille, se logeaient plusieurs canonnières dont il subsiste quatre : les deux premières situées à mi-hauteur sont semblables à celles qui garnissent la tour nord-est et la courtine est, c’est-à-dire logées au bas de deux fenêtres qui permettent d’avoir une bonne visée pour le tir, les deux autres sont au bas même de la tour, à proximité de la jonction de cet édifice avec la courtine. Ces deux canonnières latérales se servaient par la basse-fosse et couvraient, par leur tir rasant, les douves, interdisant toute approche de la forteresse.

La Poudrière de la tour sud-est

poudrière

 

En 1833, nouvelle destination : traditionnellement, la « poudrière » de la ville était dans la Tour Plate  ou dans la salle appelée l’Arsenal, au-dessus des orgues.
Ce n’était pas sans susciter quelques inquiétudes, en particulier, lorsque sous la Révolution l’église fut transformée en magasin à fourrages.

On aménagea donc la tour sud-est. Elle fut fermée, côté esplanade, par un mur de 2 m 60 de haut et 50 cm d’épaisseur. Derrière ce mur, dans lequel s’ouvrait une solide porte de chêne, se trouvait un espace pavé au fond duquel s’élevait la poudrière proprement dite qui mesurait 2 m 70 sur 4 m 70 : pour ce faire, on a réduit considérablement l’épaisseur du mur primitif. Le plafond fut voûté et couvert en dalles de Locquérec.

A droite et à gauche, extérieurement au magasin des poudres, se trouvaient deux anciennes casemates, en partie hors de terre, destinées, celle de droite à recevoir les poudres appartenant à la ville, l’autre, à gauche, à servir d’atelier pour la fabrication des cartouches et gargousses nécessaires au service de la Garde Nationale.

Les anciennes fenêtres de ces casemates avaient été fermées, sauf une ouverture circulaire  et grillagée de 12 cm de diamètre. Les casemates étaient solidement fermées, leur ouverture interne ayant été rétrécie.

On retrouve encore, dans cette tour sud-est, les traces de la plupart de ces transformations, sauf les murs et la voûte de la « cage » de la poudrière. Elle avait été située en ce lieu car elle était ainsi – sécurité oblige – éloignée de toute habitation.

Au même moment, fut construite l’école communale de filles à l’extrémité ouest de l’esplanade et, bientôt, la « maison d’habitation » des Sœurs de la Sagesse qui étaient chargée de cette école. Ainsi, la

« Place du château » était réduite à ses dimensions actuelles.

On continue cependant, jusqu’à la fin du siècle, à y tenir le marché aux blés. La circulation se faisait grâce à un « sens unique » : on entrait par la rue du Château et on sortait par la venelle de l’Enfer.

Etait-ce bien prudent avec un tel voisinage de maintenir la poudrière ? Pendant des années, on chercha un nouvel emplacement ; le problème devint urgent lorsque dut s’ouvrir le chantier de la construction de la voie ferrée Paris-Brest, grand consommateur de poudre à explosifs.

A partir de 1860, une nouvelle poudrière fut aménagée dans l’avant-cimetière de la Trinité ; à l’époque, il n’y avait pas de maison proche.

3 La tour sud-ouest

La tour du sud-ouest, dont le rôle stratégique est moindre, comprenait seulement 3 étages avec de simples doublures en bois. Sa défense est similaire de celle des deux autres. Les canonnières sont toutes latérales, ce qui est dû à la volonté de ne pas affaiblir l’édifice par des ouvertures frontales : les murailles auraient eu une moindre résistance.

Ce qui ressort de la description de ce château de Guingamp est son caractère purement militaire : il répond aux nouveaux impératifs militaires : épaisseur des murailles, nombre réduit d’ouvertures, porte fortifiée et étroite, nombreuses canonnières.

4 la tour nord-ouest

La tour nord-ouest, dont il ne reste aucun vestige apparent, formait l’an­gle nord-ouest du château. Elle était couverte d’ardoises, composée seulement de deux étages, la chambre haute disposant d’une cheminée. Incluse toute entière dans la ville close, elle ne devait servir que de corps de garde à la garnison. La courtine rejoignant la seconde tour est pourvue d’un parapet sans mâchicoulis de 5 pieds de hauteur (1,50  m).