Chronologie de la construction du Château

Chronologie de la construction du Château

CHRONOLOGIE de la CONSTRUCTION et de la DESTRUCTION du CHATEAU DE GUINGAMP

La paroisse de Guingamp, démembrement de la paroisse de Ploumagoar, ne remonte pas au-delà du 9e ou 10e siècle.

Au 10e siècle : Les seigneurs d’Avaugour transforment le lieu en poste de guet pour contrer les raids des Vikings.

Au 11e siècle : Le premier château, est construit par les Penthièvre qui deviennent, par donation du duc Alain III à son frère Eudon, comtes de Guingamp. Ce territoire deviendra le comté de Guingamp et Lamballe en 1034. C’est la motte du comté ; une cour ovale de 35m x 50 sur une plateforme de 2ha, à une hauteur de 86m, le Trieux lui se trouve à 66m (au-dessus du niveau de la mer).

L’essor de Guingamp est du à Étienne (fils de Eudes), et de sa femme Havoise (fille du seigneur d’Avaugour). Il développa la vocation défensive : château, enceinte fortifiée, en terre et bois et également des sanctuaires : la chapelle castrale devient église Notre Dame (fin 12e) puis c’est la construction de St Léonard, Ste Trinité, St Sauveur et du monastère de Ste Croix en 1130.

A la seconde moitié du 12e siècle : C’est une enceinte polygonale, ce premier ensemble fortifié, est dérivé de modèles anglo-normands (shell-keep que l’on retrouve en Normandie : Château Gaillard, Gisors). Cette construction a lieu lors de la tutelle du duché par les Plantagenet.

Au 15e siècle :

Ce château ainsi que la muraille seront détruits par Jean V en 1420. Jean V est enlevé par Marguerite de Clisson (femme de Jean de Penthièvre –fils de Charles de Blois-) au château de Champtoceaux.

En 1438-42 jusqu’à 1470 C’est la construction d’une puissante forteresse d’artillerie de plan carré : « le château dit de Pierre II », par l’architecte Jean de Beuve. Mais il n’y aura pas de construction de logis seigneurial. Pierre II étant devenu duc de Bretagne en 1450.

Le 9 janvier 1489 : siège par les troupes françaises du roi Charles VIII, sous la conduite du vicomte de Rohan, qui s’installent dans les faubourgs de la porte de Tréguier et de Montbareil car c’est le point le plus faible de la ville. 12 jours de siège, la ville est pillée. La défense fut organisée par Mérien Chéro.

Au 16è siècle :

Guerre de la Ligue, 1591, nouveau siège de la ville, au même endroit, les remparts s’écroulent, les couvents des Cordeliers et des Jacobins sont ravagés. Les cordeliers iront ensuite à Grâces, les Jacobins au bout de la rue de la Trinité (St Anne).

Le château sera menacé de destruction en 1598 du fait de l’attitude de Mercœur, gouverneur de Bretagne pendant la guerre de la Ligue.

Au 17e siècle :

1626, destruction partielle de la forteresse.

Les remparts sont détruits à la demande du pouvoir royal (Louis XIII) sous l’autorité de Richelieu, César de Vendôme ayant participé au complot de Chalais.

A partir de 1658 : Les pierres sont récupérées et serviront à la construction du monastère des Ursulines, des Augustines l’Hôtel-Dieu (hôpital) et du monastère de Montbareil.

Au 19e :

La porte de Rennes fut rasée en 1802 par l’ingénieur départemental Piou alors que le sous-préfet Bernard Mauviel fit son possible pour la sauver.

1830 suite à la loi Guizot, construction d’une école primaire de filles à l’ouest puis une maison des religieuses au milieu sont construites.

1866, sur la tour nord-ouest, un asile (école maternelle) voit le jour par la restauration néogothique.

Au 20e :

1987, les premières fouilles sont entreprises par les amis du Pays de Guingamp sous la houlette de madame Toulet.

Au 21e

2004-2006, de nouvelles fouilles sont réalisées par l’INRAP sous la conduite de Laurent Beuchet.

2013, c’est le début de la réhabilitation du site.


Caractéristiques du château de Pierre II :

Diamètre des tours : 13.50m.

Épaisseur des murs : 4m à la base et 3.60 en partie haute.

Courtines : 36m de longueurs entre les tours. Hauteur : 8m.

Tour nord-ouest restaurée en 1836.

Lors de la guerre de succession de Bretagne des travaux de fortification sont entrepris par une puissante ceinture de 1341-1364. Les assaillants se vengent sur les faubourgs. Ils seront détruits, seuls ceux donnant sur le Trieux subsistent car ils soutiennent la ville. (1345 : siège anglais).

plan 1778 reduit

Remparts édifiés entre 1443-1454 avaient remplacés les anciennes fortifications détruites en 1420. Ils totalisaient 1627m, et, étaient surmontés de mâchicoulis. Ils dépassaient par endroit les 3m d’épaisseurs, ils étaient entourés de fossés alimentés en eau par le ruisseau le Lutin.

Les 4 portes correspondaient aux axes de communication, à la fin du 13e : Rennes, St Michel, Tréguier et Montbareil. Les faubourgs se développent aux environs de celles-ci.

Jean-Paul ROLLAND