Cadolan

Cadolan

 

Cadolan 2Le château de Cadolan n’est plus…. Pour construire un nouveau lycée, cette ancienne demeure a été détruite la semaine dernière. C’est un peu du vieux Guingamp qui disparaît avec ce logis. Tout se transforme dans la vie. Il en est ainsi  depuis l’origine du monde, et il en sera ainsi jusqu’à la fin des temps… même à Guingamp. Mais avec son château tout Cadolan n’a pas disparu, car l’évocation du passé restera toujours possible à ceux qui aiment à se souvenir.

Autrefois, Cadolan (« Cadoallan » sur les archives anciennes) ne dépendait pas de notre ville mais de Ploumagoar, commune dans laquelle on trouve, encore actuellement, une ferme pourtant le même nom.

Au XIVe siècle, à l’emplacement de ce château, existait une modeste maison appartenant alors à un nommé Briant Ballahou.

Dés le début du XVe (1417), cette maison était déjà devenue la propriété de la famille Pinart, originaire du « Val Pinart » en la paroisse de Saint-Martin, de Morlaix. C’est cette famille qui construisit les différentes parties de cette demeure que l’ont vient de démolir et c’est également elle qui augmenta, petit à petit, par des achats successifs, le domaine de Cadolan qui était, autrefois, beaucoup plus important que maintenant.

Dans cette demeure qui vient de disparaître, l’aile la plus ancienne, avec des fenêtres en accolade, datait de la fin du XVe siècle, début du XVIe. Mais la partie centrale du château, la plus importante avec son toit à la Mansard, datait du XVII e.

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La famille Pinart donna des chevaliers de l’ordre de Saint-Michel et de l’ordre de Malte, et, en 1590, un gouverneur du château du Taureau, près Morlaix.

En 1421, Yves Pinart de Cadolan était receveur de Guingamp.

En 1558, Jean Pinart de Cadolan avait obtenu du Duc d’Estampes l’autorisation de mettre ses armes dans toutes les vitres de la Chapelle Saint-Nicolas (chapelle située autrefois à l’emplacement actuel de la nouvelle construction des P.T.T, et à laquelle la « rue Saint-Nicolas » doit son nom.

En 1600, Guillaume Pinart de Cadolan fut fait chevalier de l’ordre de Malte.

Le 28 novembre 1649, René Pinart de Cadolan, conseiller du roi, Maître ordinaire de la Chambre des Comptes de Bretagne, fut fait chevalier de l’ordre de Saint-Michel. Il mourut en août 1661.

Le 8 mars 1663, François Pinart de Cadolan, fils du précédent fut également fait chevalier du même ordre.

Le 15 février 1738, mourait à Cadolan Gabriel Pinart, doyen des Etats de Bretagne qui fut du consentement de Messire François Le Roy, alors recteur de Ploumagoar (à cette époque, on disait : curé), « ensépulturé » en l’église Notre-Dame de Guingamp.

Le 1er août 1744, Marie-Antoine Pinart de Cadolan était, en l’église de Quemper-Guézennec, parrain de Paul-Marie-Antoine Fleuriot de Langle, né au château de Kerlouët, et qui fut plus tard officier de la Marine, membre de l’Académie Royale de la Marine, chevalier de l’ordre de Saint-Louis, et de l’ordre des Cincinnatus, et devait trouver la mort dans l’expédition de Lapérouse, le 11 décembre 1787, aux îles Samoa.

Au début du XVIII e siècle, le château de Cadolan passa, par héritage, à l’abbé de Saint-Germain, chanoine de Tours. A la Révolution, les biens de ce dernier furent saisis et vendus nationalement.

Dans la 1ère moitié du XIX e, Cadolan était à M. Le Guern qui construisit, près du Château, un corps de bâtiment pour une fabrique de fils retors, fabrique qui, plus tard fut transférée à Sainte-Croix.

Etang

Dans la 2ème moitié de ce même siècle, ce château fut acheté par la famille de Carné qui au début du XX e siècle, en 1906, vendit cette propriété au commandant Billot, dont la famille, il y a peu de temps, revendit cette demeure à la ville de Guingamp.

En 1912, le commandement Henri Billot, alors en retraite, fut élu conseiller municipal puis maire de Guingamp.

Famille Billot

En 1914, à la mobilisation, quoique père de 11 enfants, il partit pour le front. Il mourut au champ d’honneur, en Belgique, le 22 avril 1915, lors de la 1ère attaque des gaz asphyxiant, après avoir été blessé ce même jour et avoir refusé d’être évacué. Il fut enterré dans le cimetière de Pilkem qui fut, en 1918, complètement détruit par un bombardement.

Le nom du commandant Billot, fut donné au jardin public de Guingamp. Sur l’un des piliers de l’entrée, on voyait encore, il y a quelques années, une plaque (aujourd’hui détruite) rappelant qu’il fut maire, chevalier de la Légion d’honneur, Croix de Guerre et la date de sa mort au champ d’honneur.

L’histoire de Cadolan, comme celle de chaque maison de notre ville, est une parcelle de l’histoire de Guingamp.

Yves de Bellaing

  • « Factum pour la duchesse de Mercœur » archives privées
  • « Nobliaire de Bretagne » par Potier de Courcy
  • « Les chevaliers bretons de Saint-Michel » par Gaston de Carné
  • « Histoire et géographie des Côtes-du-Nord » par B. Jollivet
  • « Histoire de Guingamp » par S. Ropartz.

Voici quelques photos de la démolition .           Photos et cartes Postales Jacques DUCHEMIN

 

Certains bâtiments menaçaient de tomber en ruine

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En  cours de démolition

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Construction du lycée (1960 et 1963-1964)

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Lycée 2

 

Lycée 3

 

Lycée 4