Rue Saint-Yves

Rue Saint-Yves

thumbnail_st-yvesCette carte postale, signée « Efflamine », a été expédiée le 24 juillet 1908 à une amie institutrice à Ploumilliau. Le cliché est antérieur de quelques années. Buraliste rue Notre-Dame, son éditeur, Hamon, fut l’un des meilleurs de Bretagne. Sa production couvrait la moitié ouest du département en débordant sur le Trégor finistérien et les confins du Morbihan.

Le photographe s’est installé au bas de rue St-Yves qui amorce à  son virage vers la rue des Ponts St-Michel. L’entrée de la rue des Carmélites se situe un peu en retrait à gauche. La rue Renan menant directement à la place St-Sauveur n’a été ouverte qu’en 1908.

La sitation gauche ou droite est donnée par rapport à la carte postale.

Le premier magasin à droite est la ganterie-chemiserie Radenen dont la porte d’entrée est surmontée d’une enseigne en forme de main. On trouve ensuite le café Pastol, le tabac Lecocq puis une maison des années 1720, comme l’atteste l’inscription sculptée au fronton de sa lucarne. Son rez-de-chaussée s’ouvre sur la rue par trois jolies arcades. Elle était occupée par Charles Thébault, peintre, qui pose en blouse de travail, pinceau à la main, au milieu de la chaussée ; à sa gauche, un apprenti les bras chargés de papiers peints. A l’angle de la maison est fixé un réverbère mural dont il ne subsiste aujourd’hui qu’un unique exemplaire visible rue du Général de Gaulle. Une épicerie et une teinturerie se succèdent avant d’arriver à l’entrée de l’Hôtel de France dont on distingue le panneau au pignon de la maison crépie.

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L’hôtel lui-même se trouvait au fond d’une cour et l’arrière du bâtiment surplombait le Trieux.

La gauche de la rue est d’un aspect plus uniforme en raison de sa construction récente. Le monastère des Carmélites, fondé en 1628, occupait le triangle formé par les rues St-Yves, du Cosquer et des Carmélites. La Révolution expulsa les religieuses et leur couvent, en état de délabrement avancé, servit de prison jusqu’en 1841. La municipalité créa alors à son emplacement, un lotissement dont le règlement d’urbanisme permit d’élargir la rue St-Yves, très étroite à ses deux extrémités. Mais l’alignement de la rue ne fut terminé qu’en 1866 et deux espaces occupés par des entrepôts subsistèrent jusqu’aux années 1950-60.

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Le premier magasin dont seule une moitié est visible est la grande quincaillerie des frères Le Jamtel suivie d’un mur percé d’un portail donnant accès à son dépôt construit en briques. Les bâtiments allant à l’arrière sur la rue du Cosquer ont été conservés et réaménagés en appartements. L’immeuble suivant abrite une autre quincaillerie tenue par M. Le Goffic. On trouve ensuite la librairie Perlié et l’étude de Me Gouin, notaire, puis le café Corbic. En 1908, quatre de ces cinq établissements étaient abonnés au téléphone.

Peut-être était-ce un hasard, mais ce contraste entre les côtés ancien et moderne de la rue se retrouve dans les costumes des femmes sorties pour poser devant l’objectif : à droite la plupart portent la coiffe alors qu’en face toutes sauf une sont « en cheveux » ou en chapeau.

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Le haut de la rue Saint-Yves

Jacques Duchemin
pour les Amis
du Patrimoine de Guingamp