Avenue de la gare

Avenue de la gare

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La carte présentée cette semaine montre le haut de l’avenue de la Gare, aujourd’hui boulevard Clemenceau. Le cliché du début des années 1900 a été édité par Villard à Quimper. La carte n’a pas été utilisée, ses inscriptions dorsales sont imprimées en breton.

Longue de 250 mètres et large de 20 m dont 12 m pour la chaussée, cette artère a été créée pour relier la ville à la gare mise en service en 1863. Une rampe en pente douce s’élève jusqu’à 3 m au-dessus du sol naturel (qu’on aurait classé aujourd’hui zone humide).

Ce qui frappe au premier coup d’oœil, c’est l’aspect d’allée que lui donnent les grands ormes qui la bordent. Le premier arbre à droite porte une pancarte indiquant que « La mendicité est interdite sur le territoire de Guingamp ».

Devenus envahissants pour les riverains, le nombre d’ormes est peu à peu réduit ; les derniers sont abattus en 1936 et les trottoirs restent à nu jusqu’après la guerre. La municipalité charge M. Liberge, pépiniériste, de planter les tilleuls rabougris qui, 70 ans plus tard, survivent encore à leur étêtage annuel. Vers 1950, la partie haute du boulevard est remaniée avec réduction des trottoirs et création d’un terre-plein central sur une cinquantaine de mètres.

À gauche, on distingue une maison à l’angle, mais ensuite ce côté est vide de constructions jusqu’à l’approche du carrefour. La rue Jeanne-d’Arc {aujourd’hui Bobé-de-Moyneuse) n’est pas encore ouverte. À droite, l’hôtel-restaurant Sirey est le premier immeuble édifié peu après l’arrivée du chemin de fer. Cent cinquante ans plus tard, il conserve la même vocation après de multiples aménagements et agrandissements. Dans les années 20, une pompe à essence se dresse à l’angle du trottoir.

À sa suite, M. Lorgeré, maire dans les années 1900, édifie sa résidence « Les Tilleuls» qu’il lègue à En Avant pour y abriter son siège social. Il faut attendre les années 60 et la vente des terrains de la vaste propriété Riou, construite dans les années 1880, pour voir s’élever les blocs d’appartements actuels.

Jacques Duchemin,

pour les Amis du patrimoine

du pays de Guingamp.