Patrimoine

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Le nom de la ville

blason de GuingampL’étude des étymologies parfois proposées pour le nom de notre ville pourrait fournir un sujet d’article aussi long que savoureux ; néanmoins, au risque d’écarter toute interprétation par trop poétique, je pense qu’il faut se ranger à l’avis des rares spécialistes en toponymie bretonne, qui traduisent le breton « Gwenn-gamp » (écriture moderne : Gwengamp) par « camp béni », quitte à nuancer la traduction du mot breton « camp ». – Ce mot, en effet, est connu en vieux-breton, mais Léon Fleuriot (Dictionnaire du Vieux Breton. Ed. Prepcorp Limited, Toronto, 1985) le traduit par « combat » (en gallois moyen, camp = « haut fait » -. Cela pourrait donner : Gwenn-gamp = combat béni, combat favorable. Dans ce cas, à l’origine de la ville, il y aurait eu une bataille célèbre, dont les habitants de la région seraient sortis vainqueurs. Hypothèse à ne pas écarter, mais à laquelle je préfère « camp béni » », expression dont le caractère descriptif s’accorde mieux avec les habitudes de la toponymie bretonne.

Précisons le sens de gwenn, plus fréquent en vieux breton sous la forme guin(n). Selon L. Fleuriot (op. cit.) « guînn » signifie « blanc, lumineux », et, au sens abstrait, (…) « heureux, béni ». Il s’avère, en tout cas, que « camp » (avec mutation J « gamp ») se réfère à une activité militaire (un combat, ou un camp assez important, situé près du Trieux, en un lieu stratégique), activité sur laquelle on a voulu attirer une influence bénéfique, une « bénédiction », signifiée par « gwenn ».

En tout cas, la « motte du Comte », premier nom attesté de l’endroit, désigne bien un château de terre, une de ces fortifications communes à cette époque du Moyen-Age qui vit naître Guingamp. Et, pour lutter contre un éventuel retour des terribles Normands païens, (donc « diaboliques »), une « bénédiction » céleste pouvait venir utilement en renfort des troupes.

Jeff Philippe

Le plan de la ville en 1778

guingamp-plan-1778