Le dépôt de la Remonte

Le dépôt de la Remonte

En 1676, l’arrivée à Guingamp de religieuses hospitalières avait entraîné la construction d’un monastère pour les abriter, d’un nouvel hôpital destiné à remplacer le vieil Hôtel Dieu de la Délivrance et d’un hôpital général qui abriterait plus particulièrement les indigents et les vagabonds. Ces bâtiments vieux de plus de deux siècles étaient groupés à l’est de la ville hors les murs au-delà de la porte de Rennes. Les religieuses avaient pu en 1803 revenir dans leur ancien monastère (d’où la Révolution les avait expulsées) exception, faite de la ci-devant chapelle et des salles situées au rez de chaussée de part et d’autre de cette chapelle: l’ancien chœur et l’ancien réfectoire. Ces locaux sont destinés à construire éventuellement des écuries afin de compléter la caserne des Ursulines si elle doit abriter un régiment de cavalerie.

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Revenons un moment à la caserne de cavalerie en projet : elle occuperait les bâtiments de l’ancien monastère des Ursulines rue de la Trinité. Désaffecté à la Révolution i1 n’a pas été réclamé par les Religieuses qui ne reviendront pas à Guingamp. Pour le moment, après avoir servi de magasins pour l’armée et de dépôt pour les statues de saint des églises des environs « mis en état d’arrestation », elle est inoccupée. Dans l’espoir d’y voir un jour une garnison, on y poursuit quelques travaux d’entretien. La présence d’un régiment est vivement souhaitée, elle serait avantageuse pour le commerce local. Tout semble favorable: « l’air est sain, La nourriture abondante et bon marché », le pays essentiellement agricole produit des denrées et du fourrage en surabondance. Les effectifs pourraient atteindre 600 hommes et 150 chevaux. Cependant, après la restitution de leur bâtiment aux Hospitalières, il faudrait envisager de construire, près de la caserne, de nouvelles écuries. On , pensait la « Caserne Saint .Joseph » prête à l’emploi, mais ,en 1814, 1’arrivée inattendue de 800 prisonniers de guerre qu’il fallut y héberger démontra que les bâtiments n’étaient pas vraiment en état : les planchers risquent de s’écrouler sous le poids des occupants, les toitures sont de vraies passoires et il n’y a pas de portes aux lucarnes des mansardes… Encore une affaire à suivre.

Le problème de la caserne, lui, est théoriquement résolu en 1827. C’est un dépôt des Remontes qui s’installera à la Caserne Saint-Joseph, avantage évident pour la ville et le pays environnant : amélioration de la race chevaline, débouché pour les fourrages souvent à vil prix depuis la réduction considérable du roulage.

Les locaux peuvent loger 150 hommes et 84 chevaux et il y a la possibilité d’installer des magasins et des forges. Si ce n’est pas suffisant, d’autres bâtiments peuvent être construits. Les fonds seraient trouvés, soit en vendant l’ex-enclos des Ursulines attenant à St-Joseph, soit en contractant un emprunt sur les fonds destinés à l’hôpital puisque la réalisation de celui-ci semble devoir être retardée.

En 1827, les locaux sont mis à la disposition du ministère de la Guerre, Guingamp versant en sus 20.000 francs et ayant offert de vendre l’enclos des Ursulines. On espère désormais être quitte.

Mais, en 1828, le ministère de la Guerre réclame encore 16.000 francs, puis 8.000 francs en l829. Or, les travaux d’aménagement ne sont pas terminés et les hommes qui viennent prendre des chevaux sont logés chez l’habitant souvent pour 5,6.ou 8 semaines et cela sans indemnité.

Le litige ne sera définitivement réglé qu’en 1830, finalement la ville versera 6.000 francs et cédera une bonne partie du terrain de l’enclos des Ursulines. Quand on fait le bilan, l’installation du dépôt des Remontes à la Caserne St-Joseph a coûté à Guingamp 32.572 francs… Dont une partie, 8.000 francs, était destinée à l’Hospice. La municipalité a résisté le plus possible mais a dû céder devant une lettre du Préfet, lettre qualifiée de « fulminante et même inconvenante ».., mais efficace!